Chers tous,
InterZaide se présente aux élections avec un enthousiasme renouvelé et la conscience d’avoir, au cours de l’année écoulée, défendu les valeurs qui vous ont amené à conforter son statut de seconde force syndicale de Sciences Po.
L’année 2009 fut une année de combats et de réussites pour InterZaide.
Je suis sûr que tout le monde s’accordera pour dire que le point d’orgue fut la réforme des droits de scolarité. Cette réforme est au cœur du projet Sciences Po : Objectif 2013; elle fut un tournant crucial pour notre institution. IZFV s’est impliqué dans cette réforme sans compter, et nous considérons cet épisode comme une réussite. D’un projet qui risquait de mettre en danger l’égalité des chances à Sciences Po, nous avons réussi – avec l’aide d’autres bien sûr – à faire un projet qui la promeut. Nous avons obtenu un relèvement du bas de l’échelle des droits, qui permet à 40% des français d’être exemptés de droits de scolarité. Nous avons obtenu une augmentation considérable de l’effort social de Sciences Po. Nous avons obtenu la pérennité de l’équivalence des droits des étrangers avec le maximum de ceux des européens. Ce fut donc une victoire pour IZFV.
Cependant cette réforme n’est pas parfaite. Nous avions exigé une augmentation du montant de bourses Boutmy, destinées au non-européens, comme condition de notre soutien à la réforme. Malgré les engagements pris, nous considérons le système actuel comme une régression. En 2010, nous demanderons que le dossier des bourses soit à nouveau remis sur la table pour enfin en faire un système juste. Il en va de l’attractivité internationale de Sciences Po.
La constitution d’une association écologique permanente à Sciences Po est également un succès pour InterZaide. Elle consacre la prise de conscience des enjeux environnementaux dans notre institution. Nous nous sommes battus pour la créer. Nous avons pleinement assisté l’équipe d’Ecocampus en proposant une gouvernance de l’association. L’augmentation du budget de l’écologie était l’une des conditions de notre soutien au projet Sciences Po 2013. Tout en respectant l’indépendance Sciences Po Environnement, nous assurerons, à notre niveau, qu’elle dispose des moyens nécessaires à son fonctionnement, comme nous pèserons pour que Sciences Po poursuive son effort d’éco-responsabilité.
InterZaide réclamait depuis plusieurs années l’instauration d’un vrai diplôme à la fin du 1er cycle: c’est chose faite avec la création du Bachelor. Nous serons vigilants afin d’assurer qu’il n’entraîne pas une sélection avant d’entrer en master.
Nous nous sommes également impliqués dans la réforme du concours d’entrée. La solution retenue est le fruit d’un consensus. Les éléments apportés par InterZaide sont nombreux: ainsi le rapprochement du concours avec le baccalauréat; la possibilité d’un oral pour la voie Mention Très Bien. Aujourd’hui, le recrutement à Sciences Po fonctionne bien. Nous considérons que la nouvelle frontière est désormais le renforcement de la procédure ZEP par l’extension du nombre de lycées éligibles.
Sur les différents campus, InterZaide, fidèle à sa tradition, a été particulièrement actif. En nous engageant pour les étudiants, nous avons pu trouver des solutions aux problèmes financiers qu’ils ont pu rencontrer. Nous avons obtenu que des avancées pratiques sur les campus délocalisés, comme l’enseignement d’une nouvelle langue, l’indonésien, au Havre, ou la constitution d’horaires banalisés pour la pratique du sport. Des avancées du quotidien qui rendent la scolarité plus belle pour tous.
Au final, une année 2009 durant laquelle InterZaide a continué à mettre son pragmatisme et son enthousiasme au service des étudiants de Sciences Po.
2009 ne fut cependant pas une année intégralement rose. La réforme de l’anglais fut un point noir. L’enseignement linguistique à Sciences Po est un enjeu crucial pour InterZaide. Certes, nous soutenions l’exigence d’un niveau de maîtrise professionnel de l’anglais; certes, nous reconnaissions que l’enseignement n’était pas sans défauts. Mais de là à accepter un système qui abandonne les étudiants à leur sort, sans pour autant les récompenser pour leurs efforts, il y a un pas que nous ne pouvions pas franchir. Nous n’avons pas compris que l’UNEF, Nouvelle Donne et l’UNI - puissent le soutenir. Les étudiants le comprennent peut-être, eux –je ne le crois pas.
InterZaide a demandé qu’une évaluation du nouveau système soit réalisée; elle mènera certainement à une nouvelle réforme. Nous nous engagerons pleinement pour que celle-ci soit la bonne. Nous demanderons notamment à ce que cette nouvelle réforme soit celle de l’enseignement linguisitique en général: la maîtrise de l’anglais est désormais une compétence indispensable, mais les autres langues peuvent souvent faire la différence sur le marché du travail. Nous exigerons une amélioration générale de l’enseignement linguistique.
Espérons donc que 2010 soit une année aussi riche en évolutions positives que 2009.
InterZaide, fidèle à sa tradition, souhaite avancer quelques pistes qui permettront de faire avancer notre université pendant l’année prochaine. Je voudrais en citer trois, qui me paraissent particulièrement nécessaires.
Notre première revendication concerne quelque chose qui nous intéresse tous: les inscriptions pédagogiques. Tous se plaignent du système actuel. Pour une connexion moins bonne que son voisin, on perd la dernière place dans la conférence qui nous intéressait. C’est une sorte de loi de la jungle numérique. Ce système est injuste, et inefficace. Il faut en changer.
Ce que propose InterZaide, c’est une période de pré-inscriptions en conférences durant laquelle tous pourraient s’inscrire dans les cours qu’ils désirent. Un taux de remplissage des conférences serait affiché, pour que chacun puisse savoir les chances qu’il a d’obtenir la place qu’il désire. A l’issue de la période de pré-inscriptions, les places seraient réparties aléatoirement entre les pré-inscrits.
Un tel système permettrait des inscriptions plus sereines et plus justes. Avec vos commentaires et suggestions, nous le proposerons à la Direction.
Notre seconde revendication concerne les équipes d’enseignement. Sciences Po a entrepris un effort scientifique considérable, avec le recrutement de 30 enseignants-chercheurs. Nous le soutenons pleinement: IZFV martèle depuis toujours l’importance de la recherche pour une formation de qualité. Nous demandons qu’il soit soutenu par un renforcement de l’encadrement tout au long de la scolarité. La présence de maîtres de conférence permanents à Sciences Po, particulièrement dans les matières fondamentales du premier cycle, pourrait y contribuer. Des enseignants permanents pourraient en effet mieux suivre leurs étudiants et plus s’impliquer dans la vie de l’établissement. Le recentrage du programme des premières années vers les “fondamentaux” nous semble aller dans ce sens. Nous souhaitons donc que cette piste soit explorée afin de déterminer tous les avantages que la présence de maîtres de conf’ permanents pourraient apporter.
Notre troisième proposition, c’est la généralisation de référents, de délégués, dans chaque programme, sur chaque campus. L’augmentation du nombre d’étudiants et la structuration des masters en écoles impliquent que les situations des étudiants sont désormais très diverses. Si le rôle des syndicats est important, il serait probablement plus efficace d’instaurer des référents dans chaque programme: ils pourraient discuter avec l’équipe pédagogique des problèmes spécifiques. Ce système existe déjà sur certains campus, dans certains masters, et produit d’excellents résultats. La généralisation est souhaitable. Une démocratie déconcentrée, en somme, pour renforcer le centralisme qu’incarnent les syndicats.
Voici le programme que se fixe InterZaide pour 2010. Promouvoir, pragmatiquement, par le dialogue, une vision ambitieuse de Sciences Po qui mêle ouverture culturelle, excellence académique, conscience écologique, égalité des chances et démocratie. Pas de fausses promesses: nous ne changerons pas le monde aujourd’hui. Nous ne changerons pas le monde, mais nous pouvons changer Sciences Po.